Emma-Jane Kirby

L'opticien de Lampedusa

Ed. des Equateurs

Ste Marguerite-sur-Mer, 2016
bibliothèque insulaire
   
Méditerranée

parutions 2016

L'opticien de Lampedusa / Emma-Jane Kirby ; trad. de l'anglais par Mathias Mézard. - Ste Marguerite-sur-Mer : Ed. des Equateurs, 2016. - 167 p. ; 19 cm.
ISBN 978-2-84990-458-9
Efrem, Asmeret, Gaim, Biniam, Niyat, Senait. Quelque part dans le monde, des mères chérissent les photos de ces fils et filles disparus, attendent anxieusement un coup de téléphone, une voix qui les rassure …

p. 117

Avec un groupe d'amis, l'opticien de Lampedusa sort en mer pour une journée de détente ; le jour se lève. Un bruit horrible au loin attire l'attention, « on dirait qu'il y a quelque chose … quelque chose qui souffre (…) on entend sa douleur » (p. 42).

Soudain, l'opticien et ses amis ne peuvent plus refuser de voir : des enfants, des femmes et des hommes épuisent leurs dernières forces à se maintenir à la surface de la mer. C'est alors le temps de l'amour : tendre la main aussi longtemps que les forces et la stabilité du bateau le permettent.

Quarante-sept vies sont provisoirement épargnées.

Mais pour ces survivants le chemin de douleur n'est pas terminé. Ceux qui les ont arraché à la mer le savent … Nul ne peut ignorer ces scènes de la vie quotidienne aux frontières de l'Europe — et, pour les survivants, au cœur de l'Europe. Le livre d'Emma-Jane Kirby s'adresse à qui serait tenté de détourner le regard.

EXTRAIT Le premier être qu'ils arrachent à la mer retombe aussitôt dans l'eau. Il est à peine plus âgé qu'un enfant. L'opticien et Francesco l'ont attrapé par les poignets mais sa peau nue, couverte de gasoil, le rend plus glissant qu'une anguille. Lorsqu'il refait surface, hoquetant, crachant, sanglotant, il est toujours aussi difficile d'agripper sa chair huileuse. L'opticien plante ses ongles dans la peau noire et visqueuse pour hisser le garçon à bord. De sa vie, il n'a jamais serré aussi fort la main de quelqu'un. L'intimité de ce geste, l'étreinte d'une main inconnue, le fait grimacer. Pourtant, lorsque la force de sa traction précipite le jeune homme contre son torse nu, il est envahi d'une émotion primitive. Quelque chose qui ressemble à de l'amour. Il voudrait l'embrasser comme ses fils quand ils sont tristes ou effrayés.

p. 48
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « The optician of Lampedusa », London :  Allen Lane, 2016
  • Pietro Bartolo et Lidia Tilotta, « Les larmes de sel », Paris : JC Lattès, 2017

mise-à-jour : 5 avril 2017
Maryline Baumard
Giusi Nicolini, Antigone moderne
Le Monde, 23 janvier 2016
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