Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun

Les voies de la tradition

Le Manuscrit - Essais et documents

Paris, 2008
bibliothèque insulaire
   
parutions 2008
Les voies de la tradition / Jean-Marc Pambrun. - Paris : Le Manuscrit, 2008. - 212 p. ; 23 cm. - (Essais et documents).
ISBN 978-2-304-01190-6
Les voies de la tradition réunit une trentaine de textes écrits entre 1980 et 2007 — long cheminement marqué par la volonté de raviver les fondements de la société polynésienne, bouleversée par l'irruption de l'Occident à la fin du XVIIIe siècle, déstabilisée par la colonisation, l'évangélisation, l'acculturation et l'hégémonisme des puissances commerciales. En mettant la tradition au cœur de son propos, Jean-Marc Pambrun ne prétend pas ouvrir une nouvelle querelle des anciens et des modernes, il souhaite au contraire éclairer « ceux qui se demandent comment composer avec l'ancien et le nouveau, ou qui sont à la recherche d'une autre vision pour transformer la société actuelle ».

Déterminé à renouer le fil de la tradition à Tahiti et dans les archipels voisins, Jean-Marc Pambrun en relève les manifestations les plus visibles (tatouages, danse, …), les plus promptes à reprendre la place qui fut la leur hier, mais il n'accorde pas moins d'importance à des savoir-faire ou à des modes de pensée moins exposés aux yeux d'un large public comme, par exemple, les pratiques médicinales, les techniques de navigation et de pêche ou l'art oratoire — domaines où d'importants champs de compétence pourraient se voir marginalisés ou, pire, disparaître. Du plus modeste au plus ambitieux, tous les aspects de la vie sociale sont donc concernés et, au premier chef, la langue — indispensable ossature d'un renouveau —, son usage dans la vie quotidienne, spirituelle, littéraire, …

À l'évidence l'ambitieux projet porté au long de près de trois décennies par l'auteur pourrait se heurter à une multitude d'écueils. Le premier étant d'échouer à mobiliser une jeunesse fascinée par les excès les plus critiquables de la société de consommation occidentale érigés en modèle insurpassable par les media et, en particulier, par la télévision. On peut craindre, à l'opposé, le risque d'un repli identitaire aux effets stérilisants. Mais il faut être deux pour dialoguer ; en réponse aux voix d'un monde occidental à la dérive, Jean-Marc Pambrun souhaite faire entendre une voix authentiquement polynésienne, forte de sa tradition, ouverte et accueillante.
EXTRAIT Établissement d'une histoire nationale

Le peuple polynésien n'a pas d'histoire. Cette formule peut sembler lapidaire, mais elle est juste. Un peuple a une histoire quand celle-ci fait l'objet d'un enseignement systématique à tous les stades du développement de la personnalité des individus qui le composent. Or l'histoire de la Polynésie est le produit du savoir occidental. Elle reste bien souvent cantonnée dans l'univers des spécialistes occidentaux et son usage reste essentiellement commercial. Mais surtout, l'histoire de la Polynésie est et demeure fondamentalement descriptive et abstraite. Elle ne constitue pas l'être collectif et ne participe pas à la formation de la personnalité polynésienne de base. C'est une histoire sans histoire, vidée de sa fonction naturelle de conservation des racines et des fondements de l'identité collective, et en même temps privée de ses propres capacités de reproduction et d'enrichissement permanent. Il faut replacer l'histoire descriptive dans l'histoire concrète des Polynésiens. Il faut faire renaître l'arbre de sa poussière. C'est seulement alors que l'histoire nationale aura réellement une existence.

L'arbre et la poussière (1992), pp. 32-33
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
Sur le site « île en île » : dossier Jean-Marc Pambrun

mise-à-jour : 27 février 2011
Né à en 1953, Jean-Marc Tera'ituatini Pambrun
est mort à Paris le 12 février 2011.

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