Eric Fougère

Îles, autres terres (carnet de route)

Éd. Grain de sable

Nouméa, 1997
bibliothèque insulaire

     

errances
édité en Nouvelle-Calédonie
Îles, autres terres (carnet de route) / Éric Fougère ; photographies de Marie-Violette César. - Nouméa : Grain de sable, 1997. - 119 p. : ill. ; 22 cm.
ISBN 2-84170-051-8

ÉRIC FOUGÈRE : […]

Le voyage, parce qu'il est une histoire de l'espace, ne connaît vraiment que les moments d'une durée, alors que l'île est avant tout renfermée dans une géographie sans lieux — ciel, terre, mer — , dans une géographie élémentaire. Non que l'insulaire n'ait le regard fixé à l'horizon, en attente d'évènements, mais l'homme des îles est avant tout rivé, en donnant au mot son sens le plus fort, à l'audition du monde. Un paysage est passage, mais tout voyage est retour. Comme s'il n'y avait, dans tous ces tours autour des îles, qu'à montrer que la terre est ronde, finie, parfaite. Cette intensité des îles, je la reconnais aux limites qu'elle impose de toutes parts à l'espace qui recommence, quand on croit l'avoir saturé. Et plus une île est petite, et plus cette intensité d'y tourner lui donne de grandeur et de complexité. Qui parle de prison ? Chaque île, à la vivre, reçoit une étincelle du monde, et il serait possible, en ajoutant l'une à l'autre, de reconstituer, plus qu'une totalité terrestre, l'unité de la Création même. Un voyageur est pourtant confronté à ce qu'il croit ensevelir sous les kilomètres : la diversité. La diversité qu'on ne peut épuiser, on peut au moins tenter de l'épouser. Avec le voyage, l'instabilité des choses passe dans le mouvement des routes. Ainsi d'îles en îles …

[…]

Préambule, pp. 8-9

Né en 1963, Éric Fougère a fait des îles une destination privilégiée dès son premier voyage au Cap-Vert en 1985. Il vit en Nouvelle-Calédonie où il enseigne la littérature depuis 1991. Dans « Îles, autres terres » il accompagne ses lecteurs au Vanuatu, aux Fidji, aux Samoa, aux Tonga et aux Salomon, au îles du Cap-Vert, à La Réunion et à Maurice, à Aguja, San Andrès et Providencia, (Colombie), de Santorin à Delos, en Corse et à l'île d'Oléron.
EXTRAIT

Un arbre véritable est une plante qui a survécu à ses racines. On peut donner l'arbre en modèle à l'homme. Chaque homme devrait faire l'effort d'être un arbre. Ascétisme des filaos maigres : ni le sel ni le sable ne les dessèchent. Flambeau des cocotiers : leurs mèches brûlent au vent. À Honiara, les parterres et les bas-côtés pourrissent de fleurs. Fleurs d'hibiscus, fleurs de bouraos, fleurs de palétuviers blancs, fleurs encapsulées de gaïacs, fleurs de lauriers, fleurs d'allamandes, fleurs de bougainvillées, et combien d'autres innommées, dont la chute disperse une nuée de papillons. D'autres fruits que les comestibles jonchent aussi le sol. Fruit de l'arbre aux miroirs dont la cosse est renflée comme une bourse. Fruit du pandanus, boursouflé d'alvéoles. Nous marchons dans la création.

Arbres, p. 56

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE

mise-à-jour : 17 novembre 2016

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