Brigitte Le Juez

Beckett avant la lettre

Grasset - Collection bleue

Paris, 2007

bibliothèque insulaire

   
Irlande
parutions 2007
Beckett avant la lettre / Brigitte Le Juez. - Paris : Grasset, 2007. - 129 p. ; 19 cm. - (Collection bleue).
ISBN 978-2-246-71531-3
NOTE DE L'ÉDITEUR : Une période mal connue de la vie de Samuel Beckett est celle où il enseigna le français à l'Université de Dublin en 1930. Il n'a pas encore écrit son premier roman et se consacre pendant un an à l'enseignement des auteurs français pour les étudiants de Trinity College.

Alors qu'on croyait ses cours définitivement perdus, on a découvert, dans les archives de l'université, un cahier de notes prises par une de ses étudiantes [Rachel Burrows, née Dobbin].

C'est ce document capital pour la compréhension de l'œuvre de Beckett et, d'une façon plus générale, pour sa conception de la littérature, que Brigitte Le Juez analyse ici : Gide et Balzac (ou Gide contre Balzac ?) Racine et Corneille (ou Racine contre Corneille ?), le roman, le théâtre et la modernité, voici éclaircis les fondements de la pensée littéraire d'un des plus grands auteurs de notre temps.
       
Brigitte Le Juez est professeur à Dublin City University où elle enseigne l'œuvre de Samuel Beckett. Beckett avant la lettre est son premier ouvrage en France.
EXTRAIT Beckett, en citant […] Stendhal et Flaubert, se range implicitement du côté des écrivains modernes et se démarque de ses contemporains irlandais. A leur encontre, il ajoute avec une désapprobation qu'il transmet à ses étudiants : « Chez Balzac, toute réalité est une entité déterminée et statistique, [mais] déformée parce que la réalité globale n'est pas respectée » (ms. R. Burrows, p. 21). Cette notion se développera dans ses propres écrits, dès son premier roman, Dream of Fair to Middling Women 1 : « Lire Balzac, c'est recevoir l'impression d'un monde chloroformé. Il est le maître absolu de son texte, il peut en faire ce qui lui plaît : prévoir et calculer les moindres vicissitudes, écrire la fin de son livre avant même d'en avoir fini le premier paragraphe, parce qu'il a transformé toutes ses créatures en légumes mécaniques et qu'il peut être sûr qu'elles resteront bien sagement là où il aura besoin d'elles ou qu'elles iront à la vitesse et dans la direction qu'il aura choisies. Le tout, du début jusqu'à la fin, se succède avec rigidité. Nous aimons tous et avalons tout Balzac, le buvons comme du petit-lait, mais pourquoi appeler une distillation d'Euclide et de Perrault Scènes de la vie ? Pourquoi comédie humaine ? » Par ces propos, Beckett montre à quel point, comme Flaubert, il chérit l'impersonnalité de l'auteur et surtout l'absence de finalité dans le texte, seules conditions possibles à qui veut tenter d'exprimer, précisément, la condition humaine.

Le roman : Balzac, Stendhal, Flaubert, Proust, pp. 48-49
       
1. Roman écrit en 1932 et publié à titre posthume (Dublin : Black cat, 1992 ; Londres : Calder, 1993) ; inédit en français : l'extrait qui suit est traduit par Brigitte Le Juez.
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • Samuel Beckett, « En attendant Godot », Paris : Éd. de Minuit, 1991
  • Samuel Beckett, « Molloy », Paris : Union générale d'éditions (10/18, 81-82), 1971
  • « Shipwreck and island motifs in literature and the arts » ed. by Brigitte Le Juez and Olga Springer, Amsterdam : Rodopi (DQR Studies in literature, 57), 2015
  • « Clergés et cultures populaires » études réunies et présentées par Brigitte Le Juez, Saint-Etienne : Publications de l'Université de Saint-Etienne, 2004

mise-à-jour : 13 août 2020

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