Virginia Woolf

Au phare

Stock - La Cosmopolite

Paris, 2009

bibliothèque insulaire
    
peintres des îles
des femmes et des îles
parutions 2009
Au phare / Virginia Woolf ; traduit de l'anglais par Anne Wicke. - Paris : Stock, 2009. - 282 p. ; 20 cm. - (La Cosmopolite).
ISBN 978-2-234-05880-4
Comme les convives du huis-clos en trois temps que rapporte Au phare, Virginia Woolf se heurte aux pressantes questions qui surgissent du chaos, à l'horizon de l'île 1 : « Que suis-je ? » … « Aller où ? » …

Chacun tente de répondre, ou d'esquiver. Lily Briscoe, devant son chevalet, mesure mieux que d'autres, les enjeux et le risque : « Où commencer ? — là était la question ; à quel endroit déposer la première trace ? Une ligne placée sur la toile lui faisait encourir d'innombrables dangers, l'amenait à prendre de fréquentes et irrévocables décisions. […] Le risque devait malgré tout être pris ; la trace déposée » (p. 217).

Ailleurs : « Elle était bien étrange, cette voie de la peinture. On s'éloignait, toujours plus avant, jusqu'au moment où on avait pour finir la sensation de se trouver sur une planche étroite, parfaitement seul, au-dessus de la mer » (p. 236).
       
1.Si le roman se déroule sur l'île de Skye, la plus grande des Hébrides intérieures, il doit beaucoup aux souvenirs de vacances passées par Virginia Woolf, durant son enfance en vue de Godrevy island, près de St. Ives sur la côte cornouaillaise — un site aujourd'hui menacé par les promoteurs immobiliers (ActuaLitté, 9 novembre 2015).
EXTRAIT

[Lily Briscoe] contemplait l'immensité de la mer. L'île était devenue si petite qu'elle ne ressemblait plus qu'à peine à une feuille. On aurait dit le sommet d'un rocher qu'une grosse vague pourrait recouvrir. Pourtant, malgré cette fragilité, demeuraient tous ces chemins, ces terrasses, ces chambres, toutes ces choses innombrables. Mais tout comme, juste avant le sommeil, les choses se simplifient au point qu'un seul détail, parmi des myriades d'autres, a le pouvoir de s'affirmer, elle sentait, en regardant rêveusement l'île, que tous ces chemins, toutes ces terrasses et toutes ces chambres s'évanouissaient et disparaissaient, et qu'il ne restait plus rien qu'un encensoir bleu pâle se balançant régulièrement d'un côté et de l'autre de son esprit. C'était un jardin suspendu ; c'était une vallée, pleine d'oiseaux, de fleurs et d'antilopes … Elle s'endormait.

p. 277

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « To the Lighthouse », Londres : Leonard and Virginia Woolf, 1927
  • « La promenade au phare » trad. par Maurice Lanoire, Paris : Stock, 1929 ; Paris : Le Livre de poche (3860), 1974 ; Paris : Librairie générale française (Le Livre de poche-Biblio, 3019), 1983
  • « Vers le phare » texte présenté, traduit et annoté par Françoise Pellan, Paris : Gallimard (Folio, 2816), 1996
  • « Vers le phare » traduit par Françoise Pellan, in Romans, Essais, Paris : Gallimard (Quarto), 2014
  • « Le temps passe » (version intermédiaire de la section médiane de To the Lighthouse, éd. bilingue, trad. française de Charles Mauron), Paris : Le Bruit du temps, 2010
  • Chantal Delourme, « Virginia Woolf, To the Lighthouse : les arabesques du sens », Paris : Ellipses (Marque-page), 2001

mise-à-jour : 10 novembre 2015

   ACCUEIL
   BIBLIOTHÈQUE INSULAIRE
   LETTRES DES ÎLES
   ALBUM : IMAGES DES ÎLES
   ÉVÉNEMENTS

   OPINIONS

   CONTACT


ÉDITEURS
PRESSE
BLOGS
SALONS ET PRIX