Fernão Mendes Pinto

Pérégrination, traduit du portuguais et présenté par Robert Viale

Éd. de la Différence - Minos

Paris, 2002
bibliothèque insulaire

     

errances
Autour du Japon
parutions 2002
Pérégrination : récit de voyage / Fernão Mendes Pinto ; traduit du portuguais et présenté par Robert Viale. - Paris : La Différence, 2002. - 987 p. ; 17 cm. - (Minos, 13).
ISBN 2-7291-1430-0

Publié pour la première fois à Lisbonne en 1614, le récit de Fernão Mendes Pinto couvre deux décennies d'aventures ultramarines — de 1537 à 1558 — qui ont pour cadre « des régions Orientales dont il n'y a dans les nôtres d'Occident que très peu ou pas de nouvelles ».

Les mobiles du navigateur et de ses compagnons de fortune (ou d'infortune) sont multiples et inextricablement mêlés : commerciaux, diplomatiques, religieux parfois (Mendez Pinto croise, en mer de Chine, la route de Saint François Xavier) ; la curiosité du découvreur est toujours en éveil, mais l'ambition hégémonique et l'appât du gain sont constants.

On prend ainsi la mesure d'un empire portuguais dont l'expansion géographique était, au milieu du XVIe siècle, sans équivalent. Un nouveau monde prend forme, se dégage progressivement du carcan de la géographie ptoléméenne ; les impératifs de la mission aiguisent le regard : monstres ou merveilles laissent place à des réalités plus tangibles : perspectives de négoce, recherche d'un mouillage abrité, ambitions rivales à prévenir, écueils à éviter …

Les escales insulaires — cibles désignées à l'ambition européenne — sont nombreuses : Sumatra, Java, Timor, les Moluques, Hainan, les Ryu Kyu, … auxquelles il faut encore ajouter une multitude de petites îles côtières (Malaisie, Tonkin) qu'il est souvent difficile d'identifier avec précision.

EXTRAIT

Au nord-ouest de ce pays des Léquios [groupe des Ryu Kyu] se trouve un vaste archipel de petites îles, d'où est extraite une grande quantité d'argent. Il me semble et j'ai toujours soupçconné, depuis ce que j'ai vu à Maluco dans les rapports que Ruy Lopez de Vilhalobos, général des Castillans, a remis à Jorge de Castro, alors capitaine de notre forteresse de Ternate, que ces îles doivent être celles dont ces gens ont eu quelques échos, et qu'ils nommaient îles Argentières. J'ignore cependant à quel point ils avaient raison de le faire, car d'après ce que nous avons vu et lu, autant chez Ptolémée que chez tous ceux qui ont écrit sur la géographie, personne n'a dépassé le royaume de Siam et l'île de Samatra [Sumatra], à l'exception de nos seuls cosmographes, qui du temps d'Alfonso de Albuquerque allèrent un peu plus loin et traitèrent déjà des Selebres, des Papuás, des Mindanaus, des Champás, de la Chine et du Japon mais pas encore des Léquios ni des autres archipels qui dans l'immensité de cette mer restent encore à découvrir.

D'après les quelques informations que j'ai données sur ces Léquios, on peut comprendre — c'est ce que je pense, à partir de ce que j'ai vu — qu'avec environ deux mille hommes il serait possible de s'emparer de cette île et de l'assujettir en même temps que les autres de cet archipel. On y obtiendrait un profit beaucoup plus considérable que celui que l'on tire de l'Inde, pour un coût bien moindre en hommes comme en tout le reste. Car, pour le seul commerce, les marchands auxquels nous avons parlé nous ont affirmé que les trois douanes de cette île léquienne produisaient un million et demi en or, sans compter la masse de l'ensemble du royaume, les mines d'argent, de cuivre, de laiton, de fer, d'acier, de plomb et d'étain, qui rapportent bien plus encore que les douanes.

Des autres excellences particulières que je pourrais rapporter sur cette île, je ne traiterai pas maintenant, car il me semble que ce qui précède devrait suffire à éveiller l'ardeur des Portugais, et les inciter à une entreprise si utile à Notre Seigneur, si glorieuse et si profitable pour eux.

Chapitre 143

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Peregrinaçam de Fernam Mendez Pinto (...) », Lisbonne : Pedro Crasbeek, 1614
  • « Peregrinaçam de Fernam Mendez Pinto (...) », Lisbonne : Casa da Moeda, 1983
  • « Pérégrination : récit de voyage » traduit du portuguais et présenté par Robert Viale, Paris : La Différence (Outre-mers), 1991

mise-à-jour : 14 septembre 2005

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