Joseph Tsang Mang Kin

Le grand chant Hakka

Éd. du Flamboyant

Port Louis (Maurice), 1992

bibliothèque insulaire

      

édité dans l'océan Indien
Maurice, Rodrigues, Chagos, …
Le grand chant Hakka / Joseph Tsang Mang Kin ; ill. par Lin Zu Kang, Sita Devi Seecharan et Jean-Claude Pan Yan. - Port Louis (Maurice) : Éd. du Flamboyant, 1992. - 73 p. : ill., carte ; 24 cm.

JEANNE GERVAL AROUFF : […]

Œuvre épique au rythme nouveau […], le Grand chant Hakka est mémoire de migration d'une minorité chinoise persécutée par le premier Empereur.

[…]

« Nous sommes donc d'ici (…)
en terre de rescapés
où les derniers venus (…)
devinrent par dérision
depuis mille ans Hakkas
c'est-à-dire invités visiteurs. »
— Chant I

La différence ne supprime guère la succulence des images […] qui hantent le lecteur de Tsang Mang Kin. Constante de l'ère prométhéenne de ce fils d'île, nourri d'affinités quotidiennes avec cette autre âme îlienne, Saint-John Perse. Souci du mot juste surgi d'inlassables remaniements, pierre brute taillée et polie jusqu'à l'ascèse de la parole purifiée, sonorité savante dans la simplicité.

« Anglais et Macaos vous prirent en tenaille
taillèrent en pièces vos femmes et la marmaille
(…)
La défaite fit perdre au peuple la mémoire
notre peuple humilié oublia son histoire. »
— Chant XII

Autre langage, délibérément simple, d'accès direct, dicté par un besoin irrépressible de communiquer, de communier, d'être traduit. Besoin né d'une situation d'homme sino-mauricien, Hakka des mers autrales […] : être compris à tout prix.

[…]

Si le Grand Chant Hakka est appropriation de la mémoire, mémoire apprivoisée, tourmente migratoire du peuple de Moï-Yène, il est aussi souffrance universelle, insécurité des peuples face à la guerre, qui fuient leurs terres, exil de tous les déracinés de la Terre. Incantatoire, la révolte sublimée en gloire est espoir. Fuites, défaites, errances, mémoire transmuée souffle qui glisse, lisse rejoindre la Source de vie.

« Hakkas ! Hakkas !
C'est fini votre errance
vous faites partie du monde ! »
— Chant XLVII

Notre Librairie, 114, juillet-septembre1993 — Littérature Mauricienne (dans ce même numéro, Josiane Fievez présente un entretien avec Joseph Tsang Mang Kin sur la littérature chinoise à l'île Maurice).

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « The Hakka Epic » trad. anglaise par l'auteur du Grand chant hakka, Port Louis (Maurice) : President's fund for creative writing in english, 2003
  • « Légendaire, Séduire la mort, Instantanés, Vie multiple », Port Louis (Maurice) : The Regent press and stationnery, 1964
  • « Paupières vitales », Port Louis (Maurice) : The Regent press and stationnery, 1959
Joseph Tsang Mang Kin sur Facebook
  • Jimmy M. Ly, « Hakka en Polynésie française », Papeete : Association Wen Fa, 1996
  • Jimmy M. Ly, « Adieu l'Etang aux Chevrettes », Papeete : Éd. Te Ite, 2003
  • Ernest Sin Chan, « Identité hakka à Tahiti [tome 1] : Histoire, rites et logiques », Papeete : Éd. Te Ite, 2004
  • Ernest Sin Chan, « Identité hakka à Tahiti [tome 2] : Ruptures, désordres et fabrication », Papeete : Éd. Te Ite, 2005

mise-à-jour : 7 novembre 2017
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