Sandrine Lyonnard

L'arbre rouge

Éd. Nicolas Philippe

Paris, 2003
bibliothèque insulaire
   
des femmes et des îles
Nouvelle-Calédonie
parutions 2003
6ème édition du Prix du Livre Insulaire (Ouessant 2004)
ouvrage en compétition
L'arbre rouge / Sandrine Lyonnard. - Paris : Éd. Nicolas Philippe, 2003. - 151 p. ; 21 cm.
ISBN 2-7488-0055-9

NOTE DE L'ÉDITEUR : En chacun de nous, il y a un grand voyage, celui qu'on ne fera sans doute jamais et qui nous emmènerait loin, ailleurs, vers une autre vie. En chacun de nous, comme un rêve impossible, cette envie inexplicable de « tout plaquer ».

Tout plaquer, tout vendre, même ses biens les plus précieux, et larguer les amarres. C'est ce que fait l'héroïne de ce roman, qui part vers l'inconnu — sait-elle elle-même pourquoi ? — s'exiler sur l'île de Lifou, au large de la Nouvelle-Calédonie, où elle a grandi.

Au gîte où elle vient s'échouer, sur la plage de Xépénéhé, elle vit de longues journées suspendues, sans aucun geste superflu, au rythme des vagues et du soleil. Entre bonheur et désespoir, elle tente d'atteindre la sérénité dans la distanciation. Elle n'attend plus rien semble-t-il. Elle nage, elle dort. Elle ne possède rien, a tout perdu.

Les habitants, d'abord indifférents à sa présence, sont bientôt pris de curiosités et regardent déambuler la silhouette de cette « inexistante ». Ils souhaiteront entrer dans sa vie, et ce sera comme un sort qu'on lui aurait jeté : l'obligation de croiser leurs regards, de se plier à leur matérialité, de jouer leur jeu, d'être, en quelque sorte, aussi vivante qu'eux. Et puis l'un d'eux, — par la magie ? par l'érotisme ? à moins que ce ne soit la même chose, le même charme —, y parviendra.

Née en 1971 à Paris, Sandrine Lyonnard a passé son adolescence en Nouvelle-Calédonie ; elle est aujourd'hui chercheuse en physique fondamentale ; L'arbre rouge est son premier roman.

EXTRAIT

Nous étions réunis un soir autour de la table de veillée, c'était ainsi que toujours commençaient les évènements. Être pressé ou exigeant ne rimait à rien au milieu des grands éléments, pour lesquels le corps n'existait pas. Les poumons s'étaient développés ; j'avais acquis un souffle régulier. Côté Pacifique, le corail s'engouffrait à pic, les versants fourmillaient de requins ; le corps se tenait raisonnablement à l'ombre des patates.

Si ce n'avait été la paralysie provisoire de mes mâchoires, j'aurais pu rester des journées entières à flotter et me laisser porter par les courants qui balayaient la baie poussant d'est en ouest, me ramenant invariablement vers le sanctuaire à l'extrémité de Xépénéhé.

p. 62

mise-à-jour : 6 avril 2005

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