Raoul Peck

Monsieur le ministre … Jusqu'au bout de la patience, rééd. avec une préface de Raoul Peck et une postface de l'ancien Premier ministre Rony Smarth

Ed. Velvet

Port-au-Prince, Paris, 2016

bibliothèque insulaire

   
édité en Haïti
parutions 1998, 2016
Monsieur le Ministre Jusqu'au bout de la patience / Raoul Peck ; rééd. avec une préface de Raoul Peck et une postface de l'ancien Premier ministre Rony Smarth. - Port-au-Prince, Paris : Ed. Velvet, 2016. - 231 p. : ill. ; 22 cm.
ISBN 978-2-913416-00-0
NOTE DE L'ÉDITEUR : Raoul Peck a été pendant 18 mois ministre de la Culture en Haïti. Le 22 octobre 1997, il démissionne collectivement avec six de ses collègues ministres pour protester des dérives du pouvoir des Présidents Préval et Aristide.

Ré-édité, corrigé et annoté dans cette nouvelle version, Jusqu'au bout de la patience est le récit d'une incroyable expérience d'engagement politique dans l'Haïti des années 90 à 2000. On peut y lire très clairement les prémices des crises profondes d'aujourd'hui.

À l'époque, écrire un tel livre n'était pas sans danger. Risques, pressions, menaces, n'ont pas empêché Raoul Peck, ancien ministre de la Culture d'Haïti, de parler des maux de son pays.

Recueil de réflexions sur l'engagement politique, son livre est aussi la radiographie d'un formidable mouvement démocratique qui a profondément changé le pays.

Utilisant l'ironie et la passion, Raoul Peck porte un regard lucide et sans concessions sur les entrailles de « la Bête ».

Il règle ses comptes avec la classe politique et les dirigeants du moment, avec les intellectuels de son pays et avec le milieu culturel dans son ensemble. Mais surtout, Raoul Peck règle ses comptes avec lui-même. Sorti meurtri, mais non vaincu, d'une expérience qui n'est finalement qu'un passage vers d'autres formes de combat, il laisse espérer d'autres pistes de construction.

Jusqu'au bout de la patience est le récit de l'expérience d'un artiste-citoyen devenu ministre mais refusant la langue de bois et le silence complice. Entre colère et ironie, entre récit intime et regard humoristique, Raoul Peck nous livre là un témoignage précieux.
RAOUL PECK : […] Monsieur le ministre … Jusqu'au bout de la patience […] a été écrit dans l’urgence comme une bouée de sauvetage à laquelle m’accrocher. Cette urgence et cette célérité se sont transmises au texte. C’est pourquoi j’ai eu envie de reprendre certains passages, d’en adoucir d’autres, mais aussi de préciser certains aspects que j’avais préféré à l’époque taire (par exemple certains noms) parce que c’était soit trop dangereux (c’était l’une des périodes chaudes Arisitidiennes) ou que cela pouvait leur causer du tort. Aujourd’hui certains ont disparu, d’autres sont devenus inoffensifs. C’était une initiative personnelle. Mais j’ai toujours demandé à certains des plus proches d’écrire un jour sur leur expérience. Jusqu’ici sans succès. J’ai été très heureux que l’ancien Premier ministre Rony Smarth  accepte d’écrire la postface de cette édition. C’est quelqu’un qui préfère travailler hors des projecteurs. Il m’a fait l’amitié de nous confier ses pensées sur la situation actuelle et sur une partie de notre parcours commun.

[…]

→ extrait d'un entretien recueilli par Élisée Décembre et publié par Le National (13 décembre 2015)
ISABELLE POITTE : Vous avez été ministre de la Culture d'Haïti en 1996 et 1997, puis vous avez démissionné avec plusieurs membres du gouvernement. Comment cette expérience a-t-elle nourri votre réflexion ?

RAOUL PECK : Cette expérience douloureuse, que je ne regrette pas et qui m'a inspiré un livre [Monsieur le ministre … Jusqu'au bout de la patience], m'a permis de comprendre les difficultés d'un pouvoir dans le quotidien de la cité. Cela nettoie de tout idéalisme moral et sentencieux. Il n'y a pas de « tous pourris ! », mais un nœud très complexe de rapports de puissance. On perd aussi l'idée, belle, qu'une révolution ou qu'un homme peuvent tout changer. C'est plus long que cela et plus complexe. Une explosion peut crever l'abcès, mais après il faudra tout reconstruire ... avec quasi les mêmes, car aucun pays n'a un peuple de rechange, des juges de rechange, des policiers de rechange. Beaucoup de politiciens de gauche en Haïti, en France aussi d'ailleurs, ont gardé une culture d'opposition et de militantisme et n'arrivent pas à faire la transition vers une démarche de prise de pouvoir, qui implique des alliances (voir Lula au Brésil) ... et des compromis.

→ extrait d'un entretien publié par Télérama (n° 3165, 10 septembre 2010) — référence à l'édition de 1998.

JAMES R. MORRELL 1 : In this book, a former minister of the Préval government leads us relentlessly through the palace intrigue of Haiti. In doing so he provides an invaluable inside look, available nowhere else, at the phenomenon of divided government that is further immiserating the poorest country in the Western Hemisphere.

The book is a personal memoir — unabashedly so. Peck is not only partisan, he is passionate. He comes down heavily on the anti-Aristide side of the debate currently wracking Haiti and paralyzing its government. But he did not begin that way, in 1996, when he was appointed. His personal odyssey to that conclusion is a large part of the book.

So it is no course in political science that one should expect here, even though it is a treasure trove of facts invaluable to understanding how Haiti's politics have sunk to their current low level. It will be up to the reader to decide whether the author's passion has distorted his rendition of the facts. But if the facts can be accepted, reading this book is indispensable for understanding Haiti's political predicament and the clouded outcome of a major policy commitment by the Clinton administration and the United Nations. Without this book, you're running blind.

Raoul Peck, an internationally-renowned film producer [Man by the shore, L'homme sur les quais] served as minister of culture in the Haitian government from March, 1996 until he resigned in October, 1997 to protest what he saw as an anti-democratic takeover by former president Jean-Bertrand Aristide. He leads us through the skein of events from the idealistic beginnings he shared with many other Haitian professionals to the betrayals that took him to the « end of patience ».

[...]

lire la suite du compte-rendu (éd. de 1998) à l'adresse suivante : http://www.haitipolicy.org/archives/Publications&Commentary/peck.htm

1.Research director of the Center for International Policy, former member of President Aristide's advisory team at Governors Island.
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Monsieur le Ministre … Jusqu'au bout de la patience » préface de Russell Banks, Port-au-Prince : Ed. Velvet, 1998
   ÉLÉMENTS POUR UNE FILMOGRAPHIE DE RAOUL PECK
NB — entre « documentaire » et « fiction » la frontière est parfois incertaine …
  • 1982 | De Cuba traigo un cantar — documentaire, Cuba
  • 1988 | Haitian corner — fiction, Haïti
  • 1990 | Lumumba, mort d'un prophète — documentaire
  • 1993 | L'homme sur les quais — fiction, Haïti
  • 1994 | Haïti, le silence des chiens — documentaire, Haïti
  • 1994 | Desounen : dialogue with death — documentaire, Haïti
  • 1997 | Chère Catherine — documentaire, Haïti (contemporain de la rédaction de Monsieur le ministre …)
  • 1998 | Corps plongés — fiction, Haïti
  • 2000 | Lumumba — documentaire
  • 2001 | Profit & nothing but ! or Impolite thoughts on the class struggle — documentaire, Haïti
  • 2010 | Moloch tropical — fiction, Haïti
  • 2013 | Assistance mortelle — documentaire Haïti (l'intervention des ONG après le tremblement de terre de 2010)
  • 2014 | Meurtre à Pacot — fiction, Haïti
  • 2017 | Le jeune Karl Marx — documentaire
  • 2017 | I am not your negro — documentaire (un ardent portrait de James Baldwin)

mise-à-jour : 25 septembre 2017
Raoul Peck : Monsieur le ministre … Jusqu'au bout de la patience
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