Dans le confessionnal
et autres nouvelles / Amelia B. Edwards ; nouvelles choisies,
présentées et trad. de l'anglais par Jacques Finné.
- Paris : José Corti, 2002. - 245 p. :
ill. ; 22 cm. - (Domaine romantique).
ISBN 2-7143-0773-6
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On pense inévitablement,
en lisant ce bref récit, à Robinson Crusoe,
à L'île au trésor, mais aussi
au Scarabée d'or d'Edgar Poe comme à certaines
fantaisies qui naîtront plus tard de l'imagination de Borges
ou de son complice Bioy Casarès. C'est dire si Mrs
Edwards sait renouveler l'exploitation littéraire d'un
thème marqué par une remarquable profusion de chefs d'œuvre.Dans sa postface, le traducteur
Jacques Finné note que certains commentateurs y ont vu
« la première nouvelle à exploiter le
triangle des Bermudes » (p. 237), avant de s'interroger :
« s'agit-il d'une réussite exceptionnelle ou
d'une œuvre maladroite ? » La réponse
est implicitement contenue dans le choix éditorial qui
confronte le lecteur à une énigme autrement délicate
à démêler : comment interpréter
l'aventure de William Barlow, jeune capitaine du schooner Mary-Jane ? |
NOTE DE L'ÉDITEUR : Il est incroyable qu'une femme
aussi exceptionnelle qu'Amelia B. Edwards (1831-1892) ait dû
souffrir un aussi long purgatoire. Egyptologue de renommée
internationale, femme entièrement émancipée
en pleine époque victorienne, au point d'afficher son
homosexualité, auteur de récits de voyage qui n'ont
pas pris une ride, romancière à succès,
elle a laissé, en prime, dix-sept récits fantastiques
tellement disséminés dans son œuvre entière
qu'avant 1999, il était difficile de les retrouver, même
pour un spécialiste anglais.
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EXTRAIT |
Au milieu de la table, sur un
parchemin, je discernai une carte tracée à l'encre
rouge que l'âge avait jaunie. Sans un mot, le capitaine
posa le doigt sur le centre du document, puis ne cessa de m'observer
de ses yeux brillants. Je me penchai sur la table, aussi silencieux
que lui, et distinguai deux îles, une grande, une petite,
séparées par un mince détroit […]. La
plus grande ressemblait à un croissant ; l'autre,
à un triangle — elle se situait au nord-ouest de
la première, comme le montre cette reproduction.
Toutes deux présentaient
un contour irrégulier. La plus petite paraissait très
montagneuse ; l'autre, déchirée par une vaste
baie au nord-est, était dominée par une haute montagne
qui se dressait entre la rive intérieure de la baie et
la côte occidentale. Non loin du versant méridonal
de cette montagne, un ruisselet prenait sa source et coulait
en direction du nord-est, avant de se perdre dans la baie. Je
respirai un bon coup.
— Voici donc les îles
au Trésor ?
Le capitaine hocha la tête
— avec un mauvais sourire.
— Dépendent-elles
d'un gouvernement français ou espagnol ?
— Elles ne dépendent de personne.
— Terres vacantes ?
— Tout à fait.
— Les indigènes ? Amicaux ?
— Il n'y en a pas.
— Des … îles désertes ?
Nouveau hochement de tête.
☐ pp. 36-37
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COMPLÉMENT
BIBLIOGRAPHIQUE
- « The discovery of the treasure isles », Every boy's magazine (London), March, May, June, July, 1864
- « The discovery of the treasure isles » in Miss Carew (a collection of tales), London : Hurst and Blackett, 1865
- « The discovery of the treasure isles » in Richard Dalby (ed.), Shivers for Christmas, London : Michael O'Mara, 1995
- « The discovery of the treasure isles » in The phantom coach, Collected short stories, Ashcroft (British Columbia) : Ash-tree press, 1999
- « The discovery of the treasure isles » in The collected supernatural and weird fiction of Amelia B. Edwards, [U.K.] : Leonaur Ltd., 2009
- « L'Eldorado de la mer » trad. de l'anglais par Corinne Faure-Geors, in Roland Lacourbe (éd.), Eaux mystérieuses et mers infernales, Nantes : L'Atalante (Insomniaques et ferroviaires), 2000
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mise-à-jour : 11 septembre 2013 |

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