Leonardo Sciascia

Les oncles de Sicile

Denoël - & d'Ailleurs

Paris, 2009
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Méditerranée

parutions 2011

Les oncles de Sicile / Leonardo Sciascia ; trad. de l'italien par Mario Fusco. - Paris : Denoël, 2011. - 322 p. ; 21 cm. - (Denoël & d'ailleurs).
ISBN 978-2-207-25830-9
… en Sicile … les pauvres qui vivaient d'espoir … appelaient oncle tous les hommes qui apportaient la justice ou la vengeance, le héros et le chef de mafia, et l'idée de justice brille toujours dans l'incantation des pensées de vengeance.

La mort de Staline, p. 298

Trois des nouvelles qui composent le recueil ont été publiées en 1958 chez Einaudi dans une collection dirigée par Elio Vittorini — La zia d'America, La morte di Stalin et Il quarantotto ; dans une seconde édition, deux ans plus tard, s'y ajoute L'antimonio.

La postface de l'auteur, particulièrement destinée aux lecteurs français, précise cette chronologie et rappelle que Il quarantotto — Quarante-huit — évoque l'arrière-plan historique que l'on retrouve par ailleurs dans Le guépard paru également, à titre posthume, en 1958 ; Sciascia ajoute que les ressemblances entre les deux œuvres « sont dues aux données objectives de l'histoire du Risorgimento en Sicile » et que, par ailleurs, « ces données [sont] plutôt interprétées dans [sa] nouvelle dans le sens des Vice-Rois de Federico De Roberto » (p. 322).

Dans Quarante-huit, la Sicile est donc seule au premier plan. On peut lire, dans les trois autres nouvelles, l'esquisse d'un dialogue entre la Sicile et le reste du monde. Dans L'antimoine, Sciascia met en scène un épisode de la Guerre d'Espagne : le narrateur, enrôlé par la propagande fasciste pour soutenir les nationalistes de Franco, ne cesse d'être sollicité par une terre qui ressemble étrangement à son île au point d'éprouver une sympathie grandissante envers ceux qu'il est censé combattre.

La tante d'Amérique donne la mesure du fossé qui s'est creusé entre les Siciliens émigrés aux Etats-Unis et leurs compatriotes restés dans l'île. Et La mort de Staline fait entendre, non sans humour, l'écho du projet soviétique — ses espoirs et ses mirages — sur une terre ravagée par un ordre social archaïque.
EXTRAIT Je n'ai pas une bonne mémoire des lieux, mais encore moins pour ce qui est de l'Espagne ; peut-être parce que les villages ressemblaient à ceux que je connaissais depuis mon enfance, mon village et ceux des environs, et je disais — « ce village est comme Grotte, ici, j'ai l'impression d'être à Milocca, cette place est comme celle de mon village » — et même à Séville il me semblait par moments que je marchais dans les rues de Palerme autour de la piazza Marina. Et la campagne aussi était comme celle de la Sicile : la Castille est désolée et solitaire comme la campagne entre Caltanissetta et Enna, mais avec une désolation et une solitude plus vastes ; comme si le Père Eternel, après avoir fabriqué la Sicile, s'était amusé à faire un jeu d'agrandissement avec ces appareils comme on en vend dans les foires, les ingénieurs s'en servent aussi, on appelle ça des pantographes.

L'antimoine, pp. 144-145
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Gli zii di Sicilia », Torino : Einaudi (I Gettoni, 57), 1958 (La zia d'America ; La morte di Stalin ; Il quarantotto)
  • « Gli zii di Sicilia », Torino : Einaudi (I Coralli, 106), 1960 (La zia d'America ; La morte di Stalin ; Il quarantotto ; L'antimonio)
  • « Les oncles de Sicile », Paris : Denoël (Les Lettres nouvelles), 1967
  • « Les oncles de Sicile », in Œuvres complètes (vol. 1) 1956-1971, Paris : Fayard, 1999
  • « La Sicile comme métaphore : conversations avec Marcelle Padovani », Paris : Stock, 1979
  • « À chacun son dû » trad. de l'italien par Jacques de Pressac, nlle éd. revue et corrigée par Mario Fusco, Paris : Denoël, 2009
  • « La disparition de Majorana », Paris : Allia, 2012

mise-à-jour : 8 juillet 2012

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