Gil Jouanard

Venise en clair obscur, dessins de Jean-Christophe Donnadieu

L'Archange minotaure

Apt, 2006
bibliothèque insulaire
   
Méditerranée
Venise
parutions 2006
Venise en clair obscur / Gil Jouanard ; dessins de Jean-Christophe Donnadieu. - Apt : L'Archange minotaure, 2006. - 62 p. : ill. ; 25 cm. - (Les Portes clandestines).
ISBN 2-914453-65-5

c'est ici le royaume de Neptune et de ses naïades, vouivres et tritons favoris ; vous croyez marcher : ce n'est qu'illusion.

p. 47


Un souvenir de 
Pasolini, à moins que ce ne soit de Fellini, a guidé Gil Jouanard dans son approche de la Cité des Eaux, conglomérat d'îles et d'îlots, terre meuble, … mouvante, ou rien n'est stable ; et c'est en tournant le dos aux images construites pour séduire les touristes, qui trop souvent font écran, qu'il entrevoit au détour des ruelles et canaux les forces de vie et de mort toujours à l'œuvre depuis le marais originel : « la fée qui nous attend au fond n'est ni Viviane ni Mélusine, ni même la cynique Morgane ; c'est la Vouivre, la Gorgone, la Méduse, la fin de tout ».
EXTRAIT

D'un revers de main, j'écarte les frondaisons architecturales pour m'enfoncer dans une jungle fluviale, dont chaque volute est aussi liane et tentacule, bras de méduse et chevelure de Pythie, Gorgone et Mélusine.

C'est l'eau clapotante prise aux rets de la terre, et qui ne s'échappe que par la stagnation ; l'eau qui n'atterrit que pour coloniser la terrre et domestiquer le roc.

C'est le territoire du retour éternel aux origines de notre mémoire d'amphibien. La fondrière matricielle. Le sas de décompression entre l'abyssale Atlantide et les ivresses oxygénées.

Une légère secousse de la main de Neptune, un coup d'épaule sismique de Vulcain, et tout ceci retournerait au roseau, à la salicorne, à l'aster, aux volubilis et à l'euphorbe, sous l'œil gourmand des foulques, des hérons, des martins-pêcheurs et des poules d'eau. Cérès elle-même n'y trouverait rien à redire ; c'est aussi son domaine.

Plutôt qu'une île, Venise est un conglomérat d'îles et îlots aux formes tarabiscotées, qui se lovent les unes dans les autres, font le dos rond, lascives et compliquées. Et cet archipel, en mosaïque tient lieu de pendentif au large collier enrichi de joyaux plus modestes, et ponctué par ce pectoral : le Lido.

pp. 40-41

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Le Connemara : pays de l'imaginaire », Martel : Éd. du Laquet (Terre d'encre), 2002

mise-à-jour : 5 décembre 2006

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