Philippe Draperi

O Taïti ou la nef des fous

Haere po no Tahiti

Papeete, 1991

bibliothèque insulaire
   
édité à Tahiti
O Taïti ou la nef des fous / Philippe Draperi ; ill. d'Andreas Dettloff. - Papeete : Haere po no Tahiti, 1991. - 46 p. : ill. ; 21 cm.
ISBN 2-904171-27-3
NOTE DE L'ÉDITEUR : Des rives rhénanes aux plages océanes, quel pas aux antipodes ! C'est en février 1494, pendant la fameuse « Fasnacht », le Carnaval, que paraît à Bâle Das Narren Schyff — La Nef de Fous. Le texte écrit en allemand par Sébastien Brant est rapidement traduit en latin ce qui lui assure, avec la technique toute nouvelle de l’imprimerie, une diffusion extraordinaire en Europe.

Traversant ainsi les frontières linguistiques, nationales et religieuses, La Nef des Fous est peut-être l’un des ouvrages les plus lus de l’Ancien Monde jusqu’à ce que la chape classique tombe sur lui, l’enfermant ainsi avec les fous mais, comme le dirait Foucault, ceci est une autre histoire.

Ce livre est destiné
à tous vous exhorter
à suivre le chemin
utile et salutaire
qui mène à la sagesse,
à la saine raison
et aux mœurs honorables.

nous dit Sébastien Brant.

Dans le miroir de la folie qu’il nous tend depuis un demi-millénaire, nous qui reconnaissons déjà les autres, saurons-nous nous connaître nous-mêmes ? et pourrons-nous alors nous corriger, nous qui avons tant l’habitude de corriger les autres … ?

Étiquetés, immatriculés, « fous » par les notables des villes rhénanes accrochées à leurs côteaux et arc-boutées comme leurs cathédrales, les hommes et les femmes de la nef sont en fait l’image inverse voire antipodale, la copie conforme mais en négatif de ceux qu’ils gênent et qui les sacrifient, les confient au fil des eaux du fleuve.

Mais alors ici et maintenant, du Carnaval de 1494 au Mardi gras d’aujourd’hui, qu’en est-il de nos îles océanes ? A la rapide dérive superficielle mais géologique de 11 centimètres par an correspond quelle dérive psychologique, sexuelle, culturelle ?

Philippe Draperi nous tend son texte et Andreas Dettloff ses dessins ; faisons nôtres les paroles de Sébastien Brant :
de faire plus grand cas
de raison et d’honneur,
plutôt que d’éplucher
mes écrits et moi-même …
PRÉLIMINAIRE : Cet essai, dont le sous-titre pourrait être Polynésie et psychanalyse, a déjà une histoire. Terminé en février 1989, il fut refusé par plusieurs publications locales. Il circula alors « sous le paréo » et suscita toutes sortes de lectures qui allèrent de l'adhésion à l'antipathie déclarée en passant par la réprobation amicale. Quelques vétos me furent discrètement opposés comme si nos îles fussent encore trop immatures pour entendre ce discours. Mais il s'agit ici d'une tendre provocation, d'une simple esquisse de la vie d'hommes et de femmes qui naviguent sur une île et de l'espoir en une coexistence plus pacifique encore.
INCIPIT La Polynésie serait elle surtout peuplée de fous, avec ses Occidentaux malades d'Ailleurs et ses « locaux » aliénés de cultures perdues ?
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Poésies Gauguines », Papeete : Haere po no Tahiti, 1989
  • « Gauguin et l'écriture » in : Paule Laudon (éd.), Rencontres Gauguin à Tahiti, Papeete : Aurea, 1989
  • « Sables noirs », Mazet St Voy : Ed. Tarmeye, 1995
  • « L'Amour de la mort », Bulletin de la Sté des études océaniennes (Papeete), n° 285-287, avril-septembre 2000

mise-à-jour : 18 novembre 2011
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