Carl Gustav Carus

Voyage à Rügen sur les traces de Caspar David Friedrich

Éd. Première Pierres

Charenton, 1999

bibliothèque insulaire

   
peintres des îles
parutions 1999
Voyage à l'île de Rügen sur les traces de Caspar David Friedrich / Carl Gustav Carus ; trad. de l'allemand par Nicole Tauber ; préface de Kenneth White. - Charenton : Éd. Premières pierres, 1999. - 61 p. ; 18 cm.
ISBN 2-913534-01-5

MAGAZINE LITTÉRAIRE, n° 384, février 2000 : Carl Gustav Carus (1789-1869) appartient à la génération des Romantiques allemands et il est réduit, trop souvent, à des réflexions théoriques sur l'art. Mais cet admirateur de Caspar David Friedrich dessinait et peignait lui aussi. […] Il a rapporté de son voyage [à Rügen], comme le signale Kenneth White dans sa préface, beaucoup de croquis. Dommage qu'aucun d'entre eux ne vienne illustrer les pages du récit qu'il a rédigé après coup, et qui n'a rien d'un carnet de route. D'après ses propos les dessins collaborent à son but, en effet, qui est de « livrer une image fidèle » de son développement spirituel. Ou de suggérer comment les forêts de chênes et de hêtres, les falaises crayeuses, toutes les visions qu'il a de la nature, au fil de sa « randonnée », pénètrent en lui, pour aboutir à restaurer la santé de son corps et de son esprit.

C'est le 5 août 1819 qu'avec deux compagnons il quitte Dresde. Dans une voiture cahotante, il gagne Berlin en trois jours, puis Greifswald, et finalement l'île de Rügen, grâce à une petite embarcation louée pour le voyage en mer. Le seul hôtel est une cabane de pêcheurs, où naturellement on sert à déjeuner du poisson fumé. Paysages déserts. Après, il rentre en passant par Stralsund, avec ses tours, ses églises et ses maisons gothiques.

EXTRAIT

En plein milieu de l'île, je découvris un chêne immémorial, un arbre que la vie avait presque abandonné ; battue des tempêtes, ses branches géantes d'un gris lumineux se déployaient dans le ciel bleu ; mais au lieu de sa propre feuillée, un lierre gigantesque s'était accroché autour de lui, suspendant au grand corps presque desséché les guirlandes d'une vie renouvelée. Non loin de là, un vénérable hêtre rouge avait des branches chargées d'une si riche abondance de feuilles qu'elles retombaient en charmille jusqu'au gazon entourant le vieux tronc. Bref, où que le regard se posât, partout la luxuriante et vigoureuse nature nordique primitive ! J'ai tenté par la suite, dans un grand tableau, Souvenir d'une île boisée de la mer Baltique, de me représenter et de reproduire certaines choses de ce spectacle scénique et maint spectateur a pu trouver plaisir à ce pâle reflet ; puissent ceux qui en sont dignes se délecter eux aussi de l'original (si toutefois il existe encore dans son aspect d'alors, ce dont je doute fort) ! Il y avait sur l'îlet une unique petite laiterie et les habitants, de temps à autre, allaient par bateau vendre à Greifswald les fromages, le beurre, les jambons et autres produits de leur fabrication. Combien peu, malgré cela, les gens du cru avaient de contact avec le monde, c'est ce dont nous nous aperçûmes en bavardant tandis que nous prenions dans cet endroit un peu de pain noir et de lait pour restaurer nos forces. Car, par-delà leur horizon, des grands évènements de l'histoire, et jusqu'à la déposition de Napoléon et à sa relégation, rien n'était parvenu à leur connaissance.

pp. 44-45

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE

mise-à-jour : 25 mars 2005

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