Stephen F. Eisenman

Gauguin's skirt

Thames & Hudson

Londres, 1997

bibliothèque insulaire

 
peintres des îles

Gauguin

Gauguin's skirt / Stephen T. Eisenman. - New-York : Thames and Hudson, 1997. - 232 p. : ill. ; 24 cm.
ISBN 0-500-01766-2

Stephen F. Eisenman est professeur d'histoire de l'art à Los Angeles ; pour tenter d'éclairer la vie et l'œuvre de Gauguin en Polynésie, il ne s'en tient pas à sa seule discipline, et fait appel aux ressources croisées de l'anthropologie et de l'ethnologie. On entrevoit d'intéressantes perspectives de renouvellement ; mais, très vite, l'esprit de système compromet les résultats espérés.

Quand il débarque à Tahiti pour la première fois en juin 1891, Gauguin est surpris par l'accueil moqueur des autochtones ; on lui fait alors comprendre que son apparence extérieure, sa mise, le désigne comme notoirement différent des autres popaa ; en particulier, portant les cheveux longs, il pourrait passer pour efféminé — aux yeux des Polynésiens un mahu.

De cette anecdote, connue par le récit d'un témoin français 1, Eisenman s'empare pour étayer une théorie : « From the moment he stepped off the boat […] Paul Gauguin's colonial prestige was under assault and his sexuality was in question ». Au prix d'approximations souvent hasardeuses, Eisenman s'appuie sur cet incident pour développer une analyse dont, par ailleurs, certains aspects ne manquent ni d'originalité, ni de pertinence.

Marginalisé par les colons, Gauguin pouvait entretenir avec la société polynésienne des relations d'échange tendant vers l'équilibre. Mais pour être accueilli sans restriction, il lui fallait un statut social acceptable ; Eisenman suggère alors son astucieuse hypothèse, négligeant le fait que les Polynésiens étaient aptes à reconnaître (et apprécier) les talents du peintre/sculpteur : il était celui qui fait des hommes 2 : point besoin de recourir à un artifice laborieusement échaffaudé. 

La fixation d'Eisenman sur la « gender liminality »  supposée de Gauguin, ne doit pourtant pas masquer certaines qualités remarquables. Il est un des premiers à avoir pris le temps d'écouter les Polynésiens parler de Gauguin et comble ainsi une lacune aussi regrettable que peu compréhensible … d'autant plus que, ce faisant, il ouvre la possibilité de renouveler radicalement l'analyse de certaines œuvres du peintre, non des moindres, et non des moins énigmatiques.

1.Lieutenant Jénot, « Le premier séjour de Gauguin à Tahiti », Gazette des Beaux-Arts, Paris, janvier-avril 1956.
2.Cf. Noa Noa et, plus tard, aux Marquises, l'accueil que lui réserve Haapuani, dépositaire des savoirs traditionnels et, lui-même, expert dans l'art de travailler le bois.

NOTE DE L'ÉDITEUR : Gauguin's Skirt is about contemporary Tahitians and a long-dead French painter, sex today and sex in the late nineteenth century, and colonialism new and old. Written on the boundary between art history and anthropology, it enters the domains of biography and mystery.

Gauguin went to Tahiti in 1891 in search of an exotic paradise. What he found instead was a French colony ostentatiously divided by race, sex, and class. At once, the artist began to explore the complexities of his world through the media of drawing, painting, printmaking and sculpting. These works depict ancient and modern Tahitians at labor and leisure, and the fecund landscape of Polynesia ; they also expose the contradictory perspective of an avant-garde artist exiled both from the modern French metropolis and from the secrets of the indigenous Maohi culture.

Based upon extensive archival and ethnographic research in France and Tahiti, Gauguin's skirt challenges interpretations of the political and gender content of the notorious artist's pictures. It compares European and Polynesian sexualities and spiritualities, and argues that many of Gauguin's most famous pictures are far more knowing than had previously been supposed.

COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « Paul Gauguin : artist of myth and dream » ed. by Stephen F. Eisenman, Milan : Skira, 2007 ; « Paul Gauguin : artista di mito e sogno » a cura di Stephen F. Eisenman, Milano : Skira, 2007

mise-à-jour : 14 mars 2016

   ACCUEIL
   BIBLIOTHÈQUE INSULAIRE
   LETTRES DES ÎLES
   ALBUM : IMAGES DES ÎLES
   ÉVÉNEMENTS

   OPINIONS

   CONTACT


ÉDITEURS
PRESSE
BLOGS
SALONS ET PRIX