Benoît Falchetto et Tuutuuehitu

Les colons des îles Marquises

É
ditions MO2

s
.l., 2002
bibliothèque insulaire
   
livres sur les Marquises
parutions 2002
Les colons des îles Marquises / Benoît Falchetto et Tuutuuehitu. - s.l. : Éditions MO2, 2002. - 279 p. : ill. ; 22 cm. - (Histoires vécues).
ISBN 2-9508579-3-0

NOTE DE L'ÉDITEUR : Vous allez lire l'histoire vécue et peu banale d'une famille paysanne quittant la région de la Côte d'Azur en 1936 pour s'installer sur une concession, accordée par un Gouverneur des Établissements Français de l'Océanie, dans une vallée des îles Marquises.

C'est à la demande de mon vieil ami Benoît Falchetto, dont j'ai partagé les chevauchées sur les sentiers de la brousse marquisienne, au bon vieux temps, que j'ai recueilli son récit en lui conservant sa simplicité et son originalité.

Les aventures de ces colons combleront, je l'espère, la curiosité du lecteur avide de dépaysement et désireux de découvrir en profondeur la vie quotidienne dans un archipel océanien encore peu connu.

Tuutuuehitu

EXTRAIT

Après avoir touché plusieurs atolls situés sur notre route maritime, la Tereora quitta [les Tuamotu] et mit enfin le cap pour les Marquises.

Mon frère sautait de joie à la perspective de revoir bientôt ses parents. Il débordait de plaisir et bondissait comme un cabri, tant et si bien qu'un jour où la cale était ouverte, il y tomba lourdement se cassant l'épaule. […] Par bonheur, quatre jours plus tard, la Tereora vogua en vue de deux îles sauvages et impressionnantes : Ua-Pou et Ua-Uka. Quelques heures plus tard, par très beau temps, nous entrâmes dans la majestueuse baie de Taiohae dans l'île de Nuku-Hiva.

Immobile sur le pont arrière, j'éprouvais, à la vue de cet immense cirque de montagnes sauvages une intense émotion dont je garderais le souvenir toute ma vie.

Nous étions enfin arrivés aux îles Marquises.

La Tereora s'ancra dans la baie à peu de distance du rivage. Pour aller à terre nous nous assîmes sur un amoncellement de caisses et de sacs entassés dans une lourde baleinière en bois. Nous en profitâmes pour admirer l'habileté des matelots athlétiques qui souquaient sur les lourds avirons de bois jusqu'à ce que la lourde coque s'échoue sur une plage de sable noir. Lorsque nous mîmes enfin pied à terre, un homme à la silhouette mince nous attendait. C'était monsieur Gendron, l'un des rares colons des Marquises qui était établi à Nuku-Hiva. […] Nous marchions toujours à pied car les voitures étaient inconnues. Mais beaucoup de cavaliers nous dépassaient ou nous croisaient montés sur de petits chevaux marquisiens.

En arrivant chez monsieur Gendron ce colon me dit :
Benoît aujourd'hui tu vas bien te reposer et après une bonne nuit tu seras prêt pour te rendre chez tes parents.
Comment vais-je aller à Aakapa ?
A cheval mon gars, ici on n'a jamais vu une automobile. D'ailleurs il n'y a pas de route. Il faut emprunter des sentiers fantaisistes qui s'enfoncent dans la jungle. Je t'accompagnerai en te servant de guide. Nous partirons demain à l'aube.

Fatigué par la traversée et tous les évènements de la journée, je m'endormis très vite.

pp. 43-44

mise-à-jour : 9 mai 2005

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