En noir et blanc / Michel Panoff. - Paris : L'Harmattan, 1999. - 143 p. ; 22 cm. - (Ecritures).
ISBN 2-7384-7686-4
|
NOTE DE L'ÉDITEUR
: La viande de porc fait-elle oublier le goût de la chair
humaine ? Comment rendre complaisant un mari jaloux ?
Où trouver des chasseurs de têtes quand on est
passionné d'exotisme ? Les neuf nouvelles que voici sont
autant de variations sur les rapports entre Blancs et Noirs et
Papouasie pendant les années 1900-1960.
Au cours de cette période, les conquérants successifs,
allemands, australiens et japonais, ont apporté la Bible, les
armes à feu et le travail salarié à des gens qui
vivaient à l'âge de la pierre polie. En même temps
se diffusait le pidgin, langue permettant aux colonisateurs de
communiquer avec les colonisés et aux diverses ethnies locales
de se comprendre entre elles.
On verra ici tout ce que l'humanité a pu y gagner. Par exemple,
de modernes Papous se prennent soudain pour d'anciens Hébreux,
des colons puisent dans l'alcool la force d'affronter leur ouvriers, un
petit catéchiste noir désespère de trouver des
chrétiens parmi les nouveaux maîtres du pays ; du
coup le voilà qui se fait écrivain.
|
GEORGES GUILLE-ESCURET : […]
Neuf histoires sombres qui ont pour théâtre la Papouasie
nous racontent les frottements grinçants entre deux mondes
résignés à faire connaissance sans trouver le
moyen de se comprendre, encore moins de se faire comprendre.
Tantôt du point de vue d’un colon, d’un ethnologue ou
d’un prêtre, tantôt en livrant les impressions
d’un indigène : domestique racontant son
expérience de la première grève, ou
catéchiste exprimant son trouble devant la double
découverte de l’athéisme et de certains aspects
fétichistes du christianisme. Les
« autres » et les diptères apparaissent
comme deux calamités tout aussi omniprésentes, à
ceci près qu’on finit par s’habituer aux seconds.
Les envahisseurs se détruisent en détruisant
l’univers des colonisés, tandis que ceux-ci, plus
courageux que notre tribu de postmodernes, tentent de répondre
à la déconstruction par d’attendrissantes
tentatives de reconstruction : le naïf est toujours celui qui
n’a pas le pouvoir.
[…]
→ Note de lecture — L'Homme | 153 | Janvier-Mars 2000 | pp. 333-334
|
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE | - « La terre et l'organisation sociale en Polynésie », Paris : Payot, 1970
- « Bronislaw Malinowski », Paris : Payot, 1972
- « Tahiti métisse », Paris : Denoël, 1989
- « Trésors
des îles Marquises » sous la dir. de Michel Panoff,
Paris : Réunion des musées nationaux, 1995
|
|
|
mise-à-jour : 23 mars 2018 |
Après une brillante carrière d'anthropologue, principalement en Mélanésie et en Polynésie, Michel Panoff s'est éteint en 2013 à l'âge de 81 ans. |
|  | |
|