Michael Ondaatje

La table des autres

L'Olivier

Paris, 2012

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parutions 2012

La table des autres / Michael Ondaatje ; trad. de l'anglais par Michel Lederer. - Paris : L'Olivier, 2012. - 257 p. ; 22 cm.
ISBN 978-2-87929-818-4
… je préfère le doute à la certitude …

Michael Ondaatje, dans un entretien recueilli par Manuel Carcassonne
Le Magazine littéraire, n° 524, octobre 2012

   « Il avait onze ans quand, ce soir-là, aussi neuf au monde qu'il pouvait l'être, il monta à bord du premier et unique navire de sa vie » (p. 11) ; de Colombo (Ceylan ou, aujourd'hui, Sri Lanka) à Tilbury sur la Tamise, la traversée à bord de l'Oronsay dure trois semaines ; trois semaines entre deux mondes — l'un familier, l'autre difficilement imaginable ; trois semaines au bout desquelles commencera l'exil ; trois semaines durant lesquelles Michael et ses amis, Cassius et Ramadhin, côtoient, observent, épient le monde des adultes.

   Dans l'espace clos du navire soumis au temps suspendu de la navigation, celui qu'on surnomme « Mynah » — le Mainate — et ses amis font des rencontres, surprennent des pans d'une vie dont ils tentent de déterminer les mobiles et les fins. Ces rencontres et les secrets qu'elles semblent recéler alimentent le récit.

   Des années plus tard Michael est de passage à Londres où la presse annonce une exposition des peintures de Cassius qu'il n'a pas revu depuis l'Oronsay ; il pousse la porte de la galerie ; Cassius n'est pas là. Qu'importe : « c'est Cassius que je voyais dans ses tableaux » (p. 132). Or toutes les toiles présentées renvoient au passage du canal de Suez : « les mêmes lumières soufrées éclairant l'activité nocturne dont je me souvenais encore, ou en tout cas dont je commençais à me souvenir en ce samedi après-midi » (ibid.). Pourtant, au premier regard Michael semble désorienté : « j'ai cru qu'il s'agissait de tableaux abstraits », avant de se raviser : « on avait le sentiment en les regardant que des choses se passaient en marge des couleurs sur la toile, ou juste derrière » (ibid.). C'est à une semblable découverte qu'invite le roman de Michael Ondaatje.
EXTRAIT    Si j'avais une photo à inventer de mon enfance, ce serait celle d'un garçon pieds nus, en culotte courte et chemise de coton, courant en compagnie de quelques amis du village, le long du mur piqué d'humidité qui, à Boralesgamuwa, séparait la maison et le jardin de la circulation de High Level Road. Ou celle de moi tout seul qui les attends, dos à la maison, le regard tourné vers la route poussiéreuse.

   Qui sait combien les enfants sauvages sont heureux ? L'emprise de la famille s'évanouissait dès que je franchissais le seuil de la porte. Même si entre nous, nous avions sans doute essayé de comprendre et de reconstituer le monde des adultes, nous demandant ce qui s'y passait et pourquoi. Mais le jour où nous avons grimpé la passerelle de l'Oronsay, nous nous sommes trouvés pour la première fois et par la force des choses en contact étroit avec ce monde-là.

p. 33
COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE
  • « The cat's table », New York : Alfred A. Knopf, 2011
  • « Un air de famille », Paris : L'Olivier, 1991 ; Paris : Seuil (Points, 457), 1998
  • « Le fantôme d'Anil », Paris : L'Olivier, 2000 ; Paris : Seuil (Points, 906), 2001

mise-à-jour : 11 octobre 2012
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